Frelons asiatiques 2026

Le premier nid de notre canton a été trouvé et détruit en 2022 à Montet (Glâne). Depuis la propagation de vespa velutina nigrithorax suit son cours et l’insecte se plaît et se développe comme un peu partout en Europe, de manière fulgurante. Les nuits froides et un peu d’altitude ne semblent pas le déranger dans son inexorable expansion.

En cette année 2026 le prédateur s’est pointé à mes ruchers, j’ai d’abord capturé 2 fondatrices en avril, puis en août sont venues les premières ouvrières sur mes 2 emplacements principaux.

Une ouvrière gourmande a été attirée par le sirop pour abeilles du nourrissement d’automne et est tombée dedans. Elle se nettoie sur ma main, dressant ses pattes jaunes caractéristiques.

C’est grâce au travail de terrain des apiculteurs de la société d’apiculture de la Sarine et en particulier au travail bénévole d’Alexandre Gumy que les nids ont été trouvés. Mais ce ne fut pas simple. Plusieurs télémétries au vespa tracker se seront révélées nécessaires.

A mon domicile, le nid se trouvait dans un saule à une distance de 1650 mètres.

Le nid se trouve sur l’arbre de gauche, derrière le dernier embranchement visible.
Il est assez grand, mais caché par les feuilles il n’est pas aisé à voir.

Au second emplacement mes colonies se trouvaient entre 2 nids distants de 600 et 1600 mètres. Mais semble-t-il les frelons provenaient d’avantage du second.

Quelles sont les leçons apprises cette année:

Les frelons ne cherchent pas à éviter la forêt pour se déplacer. Peut-être même y trouvent-ils une certaine protection.

La télémétrie vaut la peine même si la présence des frelons au rucher est très faible. En effet, nous avons trouvé des nids de taille très conséquente alors que peu d’attaques étaient constatées au rucher.

Nourrissage après la pose de l’émetteur et avant de relâcher un frelon qui nous aura fait passer par des forêts bien escarpées pour se rendre à son nid perché en forêt à 38 mètres du sol !
Beaucoup de frelons ont attaqué le drone. Certains, blessés, sont tombés au sol mais sont restés très déterminés à en découdre.

En fonction de la situation, les pots à mèches ont leurs limites. A nouveau une raison pour engager la télémétrie au plus vite.

Frelons marqués pour mesurer le temps d’aller-retours. La présence de nombreux frelons européens aura rendu les résultats très aléatoires.

En télémétrie, perdre (temporairement) le signal est une bonne nouvelle. Cela indique que probablement le frelon marqué s’en est allé au nid et à la récupération du signal, les chances de succès sont grandes.

La venue de ce grand prédateur indésirable teste nos limites de fonctionnement organisationnel, politique, juridique, éthique, etc… A chacun sa part de travail mais une chose est sûre, « on est beaux par là… » car des accidents surviendront certainement, car nos abeilles n’avaient pas besoin d’affronter un tel fléau, car la lutte sera hélas bien difficile.

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